La Coquille Saint-Jacques : Symbole et Légendes
La coquille Saint-Jacques est l’emblème le plus connu du pèlerinage de Compostelle.
1. Preuve du Pèlerinage
Historiquement, au Moyen Âge, les pèlerins (jacquets) la ramenaient des côtes de la Galice comme preuve concrète et irréfutable de leur voyage jusqu’à la fin des terres (Fisterra).
2. Un Symbole Ancien et Universel
Bien que chrétiennement associée à Saint-Jacques, la coquille est un symbole beaucoup plus ancien et fondamental :
Géométrie Sacrée : Sa forme suit une « géométrie transcendante » (comme la spirale du nombre d’or).
Mythologie : Elle est fortement liée à la déesse de l’amour et de la beauté :
Aphrodite (chez les Grecs) ou Vénus (chez les Romains).
De célèbres peintres (Botticelli, Corelli) ont représenté Vénus sortant nue et vierge de la coquille ou en tenant une.
Signification Initiale : Avant d’être l’emblème du pèlerin, la coquille symbolisait la virginité, la beauté et l’amour.
En résumé, la Coquille Saint-Jacques est un symbole puissant et permanent que les chrétiens ont adopté, lui donnant une nouvelle signification après qu’il ait déjà servi à exprimer des concepts fondamentaux de la mythologie et de la Tradition Primordiale.
La Coquille Saint-Jacques : de l’emblème au symbole spirituel
La coquille Saint-Jacques, également nommée Mérelle ou Mérelle de Compostelle, est bien plus qu’un simple souvenir de voyage.
1. Rôle et Utilité Pratique
Au début des pèlerinages, les pèlerins ramassaient des coquillages sur la plage pour les ramener comme souvenir. Elle est devenue l’emblème des pèlerins pour plusieurs raisons :
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Protection : Depuis l’Antiquité, on lui attribuait un pouvoir de protection contre le mauvais sort et les maladies.
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Identification : Cousue sur le vêtement, elle distinguait les pèlerins des autres voyageurs.
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Charité : Sa vue incitait les gens à la charité, permettant au pèlerin de demander l’aumône, et de boire dans les fontaines.
2. Le Symbolisme de l’Amour et de la Charité
Le sermon « Veneranda dies » (extrait du Codex Calixtinus) confère une légitimité chrétienne au symbole :
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Double Précepte : Les deux valves de la coquille représentent les deux préceptes de l’Amour du prochain (aimer Dieu plus que tout et son prochain comme soi-même).
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L’Amour (Agapè/Charitas) : Ce concept ramène à la notion d’Amour déjà présente dans la mythologie (Vénus). Le sermon insiste sur le fait que l’Amour divin (l’agapè grec, ou caritas latin, devenu charité) est l’Énergie Une qui mène à la plénitude.
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Transformation : Le Chemin, par ses rencontres, pousse le pèlerin à mettre en pratique, souvent inconsciemment, ce commandement fondamental.
3. La Coquille comme Quête Intérieure (Mérelle)
Le nom de Mérelle (Mère de la Lumière) introduit un symbolisme ésotérique et alchimique :
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Fécondité et trésor : Elle évoque l’eau (la fécondité) et renferme un trésor précieux : la perle.
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La Perle (connaissance) : La perle cachée est le symbole de la Connaissance et du Mystère du Soi (l’aboutissement spirituel). L’atteindre requiert effort et persévérance.
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Alchimie et Mercure : La Mérelle est associée au principe Mercure (le Voyageur ou le Pèlerin). Le Chemin devient alors une démarche alchimique : une quête de l’intériorité qui part de notre « matière première » (nous-mêmes) pour nous mener à notre centre.
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L’Auréole de Lumière : En arrivant à Compostelle, la coquille portée se transforme symboliquement en astre éclatant ou en auréole de lumière, signifiant que le premier but de transformation de la conscience est atteint. Le pèlerin peut alors se rendre à Fisterra pour se préparer à la rencontre de l’Absolu.
